25 novembre 2004

L'Avaleur de sable

Bourguignon, Stéphane (1993) L'Avaleur de sable. 240 pages.

Eh bien, c'est fait. J'ai finalement lu L'Avaleur de sable! J'en entendais tellement parler autour de moi. J'ai beaucoup, beaucoup aimé. C'est l'histoire de Julien et Pierrot qui sont célibataires et contents de l'être et qui, du jour au lendemain, sans s'en attendre évidemment, se font rattraper par l'amour. À partir de là, nous entrons dans la tête des gars. C'est génial! Et oui, ils nous (les filles) décrivent comme étant très compliquées et pourquoi pas? Peut-être que nous le sommes, peut-être pas, mais c'est comme ça qu'ils le perçoivent. J'ai ri à plusieurs reprises de leurs états d'âme, de leur façon de penser, de leur incompréhensibilité (et non imcompréhension) face aux états d'âme de leurs belles. J'ai aussi aimé le fait que ça soit un peu "irréel" (les 3 hommes qui ont perdu une femme; les 3 hommes qui deviendront père). Oui, c'est "trop", mais justement à cause de ça, je trouve qu'on sort de l'autofiction et qu'on n'a donc plus affaire à une espèce de bio-thérapie de la part de Bourguignon, mais plutôt à un vrai roman.

J'ai beaucoup d'hommes autour de moi qui l'on lu et semblent dire que c'est assez représentatif de leur ligne de pensée. J'ai aussi plusieurs couples autour de moi (dans la même tranche d'âge que les protagonistes du livre, i.e. vingtaine avancée) qui attendent des enfants, viennent d'avoir des enfants ou planifient avoir des enfants, et TOUT s'y retrouve! C'est merveilleux et très drôle!

Ma note : un 5/5

Quelques passages drôles :

(Julien plie le linge d'Annie) :

"Au tour des culottes maintenant. Mon Dieu! Des culottes de bonne femme, ça respire la vie, c'est plein de petites fleurs qui éclosent ou de petits coeurs qui palpitent. [...] le cul de cette fille est tellement petit que la culotte ne me rentre même pas sur la tête. Je le sais, je viens de l'essayer." (p.101)

(Annie et Julien, Sonia et Pierrot sont en train de relaxer dans le salon)

(Annie à Julien)

"-Je prendrais bien un autre Perrier. Sonia, un autre Perrier?                  

Évidemment. Depuis qu'Annie développe aussi son propre embryon, elles se couvent comme ça sans arrêt. On en a parlé, Pierrot et moi, et on est venus à la conclusion qu'elles font ça pour s'entraîner, se pratiquer, se réchauffer afin d'être parfaitement maternelles à l'arrivée des petites bêtes.

-Oui, s'il te plaît, mais pas trop de galce et pas de citron, ça me descend dans l'estomac comme du vinaigre.

-T'as compris, Julien? me demande Annie.

-Oui, je pense que oui.

Comme elles sont convaincues qu'on ne peut rien comprendre à ce qu'elles sont en train de vivre, elles s'imaginent aussi qu'on ne comprend plus rien à rien. Je décide de me rabattre sur Pierrot.

-Toi, Pierrot? Un Perrier?

-Oui, mais pas de glace, pas de citron et pas de Perrier. Juste de la bière." (p.189)

(Julien qui pense à Annie et Sonia qui partagent ensemble l'exaltation de ces précieux moments)

"Alors on leur donne tout l'espace voulu. On est là quand c'est le temps de flatter le bedon, de faire les massages, de dire des conneries la bouche collée sur le ventre, d'endurer les crises d'angoisse et les moments de désarroi intense, mais pour les beaux côtés de la chose, elles s'entendent mieux toutes seules" (p.195)

Posté par melodie1974 à 12:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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