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13 mai 2005

Nikolski

DICKNER, Nicolas (2005) Nikolski. Alto. 322 pages.

Nikolski, c'est l'histoire de 3 personnages qui, au préalable, n'ont rien en commun, mais dont les vies vont quand même s'entrecouper. Premièrement, il y a le libraire blasé qui retrouve un vieux cadeau que son père absent lui avait envoyé un jour; deuxièmement, il y a Joyce, jeune fille de la Côte-Nord qui rêve de quitter son trou et de devenir pirate, comme ses ancêtres; et finalement, il y a Noah, nomade par sa mère, qui décide de quitter les Prairies canadiennes pour venir étudier à Montréal. Je vous jure qu'il y a un lien qui relie ces personnes!

Le livre est absolument génial! Les critiques dans les journaux ont été dithyrambiques à son sujet ces derniers mois. L'écriture est belle, fluide, drôle. L'histoire est intelligente et les personnages sont juste assez désillusionnés et juste assez rêveurs. On va et vient entre des villages de pêcheurs, les grandes plaines canadiennes, les Caraïbes et le marché Jean-Talon. C'est merveilleux! On est loin des livres qui tournent autour du simple Plateau-Mont-Royal. Il n'y a que la fin qui tombe un peu à plat ou arrive un peu vite. On aurait aimé que la boucle soit un peu plus bouclée ou étoffée. Vivement le prochain livre!

Ma note : 4.5/5
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Nicolas Dickner est un jeune auteur de Rivière-du-Loup, dans le Bas-du-Fleuve. On sent la mer dans son écriture!

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14 avril 2005

Marguerite Duras

ADLER, Laure (1998) Marguerite Duras. 628 pages. Gallimard.

Hum... Par où commencer ?!

J'aime bien Marguerite Duras, mais je n'ai pas lu toute son oeuvre, seulement quelques romans (L'Amant, L'Amant de la Chine du Nord, Moderato Cantabile et Hiroshima mon amour). En fait, j'ai commencé à m'intéresser à elle après avoir vu le film L'Amant qui m'avait bouleversée. En lisant le livre, on peut voir que l'histoire n'est pas la même... Enfin, même si je ne connais pas bien son oeuvre, Duras m'intriguait, et j'avais hâte de lire la biographie de Laure Adler et je fus comblée.

Adler est très objective. Elle aime Marguerite et ça se sent, et elle aurait pu cacher certains côtés de la personnalité de Marguerite (sa méchanceté, son alcoolisme, etc), mais elle ne l'a pas fait, ce qui fait que le livre est deux fois plus crédible à mon avis. Elle remonte vraiment jusqu'au tout début, avant même la naissance de Marguerite, et s'arrête à sa mort, en 1995. On passe un très grand (et intéressant) bout avec Duras et ses amis communistes sur la rue St-Benoît et on est placés dans le contexte de ces années de guerre en France.

Beaucoup de mes idées préfondées sur Duras sont tombées : je ne savais pas qu'elle avait eu une enfance si difficile en Indochine; je ne savais pas qu'elle avait été si militante pour le PCF et surtout, je ne savais pas qu'elle pouvait être si "difficile", et qu'un de ses désirs premiers était d'être célèbre, peu importe le moyen d'y arriver, etc. J'avais plutôt en tête le grand mythe Duras, mais je pensais pas vraiment à la femme, à l'humaine qui le sous-tendait.

Le fait de l'avoir découverte sous cet angle me fait comprendre beaucoup mieux son oeuvre, mais son oeuvre est ici si analysée, si décortiquée que, malheureusement, ça ne me donne pas envie de continuer à la lire... Un peu triste, non? De plus, elle renie elle-même beaucoup de ses romans (don L'Amant qui est absolument non autobiographique d'après elle), elle semble avoir écrit certains romans juste pour s'en débarrasser, pour avoir de l'argent, en ressortant de vieux écrits, etc. Durassiens, ne me crucifiez pas! Ce que j'ai lu de Duras, j'ai beaucoup aimé (pas adoré, mais aimé) et je ne porte aucun jugement sur son oeuvre impressionnante, mais je n'ai plus le goût du tout de me replonger dedans en pensant à tout ce qui se cachait derrière. Parfois, c'est mieux de ne pas trop analyser l'oeuvre d'un auteur j'imagine, pour garder un certain mystère... Mais j'ai été très touchée par les bouts qui parlaient de sa fausse-couche et de son désir d'avoir un autre enfant, Outa... C'est évident que ça devait être une relation déchirante, car mère et fils s'aimaient à la folie. J'ai été aussi surprise d'apprendre que son dernier compagnon, Yann Andréa, était gai ! J'ai toujours pensé que c'était son amant... Je ne suis pas à jour dans mes potins littéraires

Cette biographie est excellente pour ceux et celles qui s'intéressent à Duras. Elle est objective, exhaustive, et en même temps aimante. On sent que Adler aimait Marguerite et qu'elle cherche ici à nous la démythifier.

Ma note : 4.5/5.               

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18 mars 2005

Voleurs de sucre

DUPONT, Éric (2004) Voleurs de sucre. Éditions Le marchand de feuilles. 165 pages.

Éric, le narrateur de cette histoire/fable, n'a que 3 ans, mais connaît déjà les affres de la dépendance... au sucre! Très tôt, il a été initié à ce doux nectar (le sirop d'érable) par sa mère qui tentait par tous les moyens d'arrêter ses pleurs! L'histoire est donc le périple du jeune Éric qui tente par-dessus tout de trouver des fournisseurs pour répondre à ses besoins de glucose.

Ce petit livre est absolument adorable! C'est une ode au sucre, et tous les gourmands pourront se retrouver dans les propos du garçonnet. L'écriture est plutôt enfantine, donc elle se marie bien avec le narrateur, même si c'est parfois dur de s'imaginer qu'un enfant de 3 ans agit et/ou parle de cette manière. Toute l'histoire de la dépendance au sucre peut évidemment être une analogie à la drogue (surtout qu'un des "fournisseurs" de sucre est un ailzes (lire, Hell's Angel). Une excellente fable très bien écrite. Voyez un peu le ton : "Dans le malheur, on grandit plus vite. J'ai maintenant 10 mois et je suis déjà parvenu aux conclusions suivantes. Primo : seul le sucre rend l'existence supportable. Secundo : les gens se divisent en deux groupes, ceux qui vous donnent du sucre et ceux qui vous le refusent. Tertio : ce dernier groupe inclut une faction très inquiétante, ceux qui vous enlèveront le sucre." (p.36)

Ma note : 4/5

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17 mars 2005

Avant la nuit

Arenas, Reinaldo (1992) Avant la nuit. Autobiographie. 440 pages.

J'ai attendu quelques jours avant de faire ma critique, car souvent, après avoir digéré un livre, j'ai des opinions un peu plus mesurées et aussi parce que je voulais faire quelques recherches sur Arenas.

Avant la nuit est donc l'autobiographie de Arenas, un écrivain cubain atteint du sida, qui s'est suicidé en 1990. C'est évident que je ne peux pas juger ou critiquer "la vie" de l'auteur. Il a vécu 10 vies dans une si l'on se fie à son livre et à l'information que l'on retrouve dans Internet et dans les livres. Né très pauvre, il a réussi à s'élever dans la société cubaine en tant qu'écrivain, mais il est vite retombé à cause de son homosexualité et de son train de vie extrêmement rebel... Son histoire est souvent drôle, souvent pathétique, souvent triste. On ne peut lui reprocher d'avoir essayé de survivre en s'amusant et en prenant du bon temps! Il est gai et s'assume! J'ai adoré le côté historique de ce livre. J'en connais si peu à propos de Cuba qu'il était très intéressant d'en découvrir le côté "plus noir".

Ce que je continue de penser, par contre, est que son autobiographie est très mal "écrite" ou "exprimée". Mais encore là, je suis prête à admettre bien des choses : Reinaldo était mourant quand il a terminé Avant la nuit et ne pouvait même plus écrire. Il dictait son histoire dans un magnétophone et un ami (Lazaro) la transcrivait. 1) Imaginez-vous en train d'écrire un texte relatant une anecdote qui vous est arrivée et 2) imaginez-vous en train de raconter cette même anecdote à des amis. C'est sûr et certain que le résultat ne sera pas le même. Je pense que c'est évident à la lecture de ce livre que le rythme de l'histoire est souvent "oral". Pour certains, ça ne fera pas de différence. Pour moi, j'ai trouvé que ça coupait le rythme, et les retours ou cassures pour me parler de la grosseur de la queue d'une conquête pour tout de suite après retomber dans la description de la ville m'ont horripilée. Je tiens à dire que ça n'a rien à voir avec le sexe; s'il avait coupé ses descriptions pour me parler du chat de la voisine à chaque chapitre, j'aurais trouvé le style pesant aussi.

Aussi (et là je m'avance, j'ai peut-être TRÈS tort), mais comme je l'ai dit, Reinaldo était mourant, prenait des médicaments et de la marijuana pour alléger ses souffrances, et il est certain qu'il n'avait pas l'esprit toujours très clair pour organiser un texte. Moi, je le vois comme ça. Vous n'arriverez jamais à me faire penser que ce livre est un exemple de grande littérature! Ça n'enlève RIEN à l'histoire d'Arenas, à sa vie, à son oeuvre, mais ce livre en particulier, côté stylistique, est à mon avis très mauvais.

Je pense aussi qu'Arenas a voulu consciemment choquer, se venger avec ce livre. En fait, il le dit lui-même si vous cliquez sur le lien ci-bas. Eh bien parfois, à trop vouloir presser le citron, on se ramasse avec les pépins... Comme d'autres avant moi, j'ai trouvé qu'il en mettait tellement parfois qu'il devenait absolument non crédible... Selon son livre, TOUT le monde est gai à Cuba, tout le monde veut baiser avec lui, tout le monde vit une double vie sexuelle, toutes les femmes veulent baiser avec des gais, etc. Je ne suis pas Cubaine ni gaie, alors peut-être ai-je tort, mais quand même... Aussi, et là je m'aventure encore, j'ai trouvé que parfois, il dénonçait des gens, des auteurs, il racontait des bouts de vie très intimes de personnes autres que lui, mais excusez-moi, c'est très facile de faire ça quand on sait qu'on va mourir dans quelques semaines/mois... C'est plus difficile de le faire quand on sait qu'on aura à répondre à nos affirmations... Enfin, c'est ce que je pense. Par exemple, dans le chapitre qui parle de Virgilio Pinera, il passe 3 paragraphes à nous parler des aventures sexuelles de Pinera avec les Noirs : "Un autre Noir avec lequel Virgilio avait eu des relations sexuelles assez suivies était un cuisinier qui, disait-il, avait un sexe énorme. Le plaisir de Virgilio était d'être pénétré par ce qui cuisinier qui manipulait marmites et louches, et continuait à faire la cuisine tout en ayant Virgilio embroché à son sexe". Vous trouvez ça pertinent ici de raconter les histoires intimes de quelqu'un d'autre?

Finalement, je suis allée faire un tour à la bibliothèque de l'Université pour fouiller dans les anthologies de littérature cubaine. On parlait d'Arenas parfois, pas toujours. Même dans des documents sur la littérature homosexuelle à Cuba ou bien sur la sexualité dans littérature cubaine, il n'y était pas tant que ça... Peut-être est-ce simplement des guerres intestines qui font qu'il n'y est pas, je ne sais pas. Mais à la fin de son autobiographie, Arenas dit lui-même, qu'une fois exilé, une fois aux É-U, il était pas mal moins intéressant pour les gens/éditeurs : on ne voulait plus publier ses livres, car il n'était plus un écrivain opprimé/prisonnier, etc. Alors là, voilà la grande question : est-il un écrivain SI reconnu que ça? Ou bien a-t-il eu tous ces honneurs, cette attention car il était prisonnier, etc? Je ne sais pas et je n'ai même pas d'opinion en fait et je m'aventure beaucoup trop ici de toute manière.

Voici un lien très intéressant sur Arenas. C'est un ami écrivain d'Arenas qui l'a interviewé quelques jours avant sa mort : http://www.actupny.org/diva/CBmanrique.html

Ma note : 3/5.

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29 novembre 2004

The Curious Incident of the Dog in the Night-time

HADDON, Mark (2003) The Curious Incident of the Dog in the Night-time. 226 pages.

Wow! Si vous n'avez qu'un livre à lire en 2005, lisez celui-là! C'est sûr qu'il fera l'objet de quelques cadeaux de Noël cette année! Je suis à terre! J'ai terminé ce livre à 3 heures du matin samedi. La dernière fois que ça m'était arrivé, je pense que c'était pour The Book of Illusions de Paul Auster . Ça veut tout dire...

Un petit garçon austistique écrit un livre TRÈS rigoureux et rationnel sur la mort non accidentelle du chien de la voisine. Ce qui au départ semble être un livre de détective se révèle être beaucoup plus, autant pour Christopher et son entourage que pour nous. Évidemment, nous avons affaire à un autiste plutôt très fonctionnel, ce qui n'est pas le cas très, très souvent, comme le savent les gens qui côtoient l'autisme ou qui ont déjà été en contact avec cette affliction. Malgré tout, je crois que ça nous sensibilise encore plus à une autre manière de voir le monde. Tout est très cartésien et très sensé. Ça ferait un très bon film et les droits ont déjà été achetés.

Un 5/5 c'est sûr et certain!!!!

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Le principe du geyser

Bourguignon, Stéphane (2002) Le Principe du geyser. 208 pages.

Ce roman est la suite de L'Avaleur de sable. Nous retrouvons notre couple, Julien et Annie, *heureux* parents d'un petit garçon de trois ans. Alors qu'ils voguent dans une routine qui ne semble pas leur convenir, un événement apparemment banal transformera leur vie.

Ma réaction première : bof... Dans L'Avaleur de sable, on apprend à connaître et à aimer ces personnages un peu lourdaux, mais très attachants et sympathiques. Dans celui-ci, le ton tourne vraiment, à mon avis, à la thérapie personnelle. On dirait que l'auteur a des comptes à régler avec lui-même? La vie? La naïveté, l'empathie, l'amour n'y sont plus. On est face à un jeune homme qui se cherche beaucoup trop et qui ne nous laisse pas une belle image de la gent masculine ni beaucoup d'espoir... Il y a encore beaucoup de passages très drôles et très réels, mais en gros, ça ne passe pas vraiment. Même mes amis masculins qui l'ont lu n'ont pas aussi aimé que le premier.

Bref, à lire parce qu'on a lu le premier et qu'on a aimé, mais c'est tout.

Ma note : un 3/5

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25 novembre 2004

L'Avaleur de sable

Bourguignon, Stéphane (1993) L'Avaleur de sable. 240 pages.

Eh bien, c'est fait. J'ai finalement lu L'Avaleur de sable! J'en entendais tellement parler autour de moi. J'ai beaucoup, beaucoup aimé. C'est l'histoire de Julien et Pierrot qui sont célibataires et contents de l'être et qui, du jour au lendemain, sans s'en attendre évidemment, se font rattraper par l'amour. À partir de là, nous entrons dans la tête des gars. C'est génial! Et oui, ils nous (les filles) décrivent comme étant très compliquées et pourquoi pas? Peut-être que nous le sommes, peut-être pas, mais c'est comme ça qu'ils le perçoivent. J'ai ri à plusieurs reprises de leurs états d'âme, de leur façon de penser, de leur incompréhensibilité (et non imcompréhension) face aux états d'âme de leurs belles. J'ai aussi aimé le fait que ça soit un peu "irréel" (les 3 hommes qui ont perdu une femme; les 3 hommes qui deviendront père). Oui, c'est "trop", mais justement à cause de ça, je trouve qu'on sort de l'autofiction et qu'on n'a donc plus affaire à une espèce de bio-thérapie de la part de Bourguignon, mais plutôt à un vrai roman.

J'ai beaucoup d'hommes autour de moi qui l'on lu et semblent dire que c'est assez représentatif de leur ligne de pensée. J'ai aussi plusieurs couples autour de moi (dans la même tranche d'âge que les protagonistes du livre, i.e. vingtaine avancée) qui attendent des enfants, viennent d'avoir des enfants ou planifient avoir des enfants, et TOUT s'y retrouve! C'est merveilleux et très drôle!

Ma note : un 5/5

Quelques passages drôles :

(Julien plie le linge d'Annie) :

"Au tour des culottes maintenant. Mon Dieu! Des culottes de bonne femme, ça respire la vie, c'est plein de petites fleurs qui éclosent ou de petits coeurs qui palpitent. [...] le cul de cette fille est tellement petit que la culotte ne me rentre même pas sur la tête. Je le sais, je viens de l'essayer." (p.101)

(Annie et Julien, Sonia et Pierrot sont en train de relaxer dans le salon)

(Annie à Julien)

"-Je prendrais bien un autre Perrier. Sonia, un autre Perrier?                  

Évidemment. Depuis qu'Annie développe aussi son propre embryon, elles se couvent comme ça sans arrêt. On en a parlé, Pierrot et moi, et on est venus à la conclusion qu'elles font ça pour s'entraîner, se pratiquer, se réchauffer afin d'être parfaitement maternelles à l'arrivée des petites bêtes.

-Oui, s'il te plaît, mais pas trop de galce et pas de citron, ça me descend dans l'estomac comme du vinaigre.

-T'as compris, Julien? me demande Annie.

-Oui, je pense que oui.

Comme elles sont convaincues qu'on ne peut rien comprendre à ce qu'elles sont en train de vivre, elles s'imaginent aussi qu'on ne comprend plus rien à rien. Je décide de me rabattre sur Pierrot.

-Toi, Pierrot? Un Perrier?

-Oui, mais pas de glace, pas de citron et pas de Perrier. Juste de la bière." (p.189)

(Julien qui pense à Annie et Sonia qui partagent ensemble l'exaltation de ces précieux moments)

"Alors on leur donne tout l'espace voulu. On est là quand c'est le temps de flatter le bedon, de faire les massages, de dire des conneries la bouche collée sur le ventre, d'endurer les crises d'angoisse et les moments de désarroi intense, mais pour les beaux côtés de la chose, elles s'entendent mieux toutes seules" (p.195)

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21 novembre 2004

Scrapbook

BISMUTH, Nadine (2004) Scrapbook. 392 pages.

Ah! Un délice!

On suit donc, pendant près de quatre ans, Annie Brière, étudiante au doctorat dont le projet de maîtrise a été publié par une grosse maison d'édition. On vit ses gros "highs" (publication, amour, etc.) et ses gros "downs" (argent, amour, etc.) avec elle. Un des thème principaux du livre est l'amour, mais c'est loin du fleur bleue. On est plus près d'une histoire à la Marivaux, avec plein d'imbroglios et de malentendus. Des personnages qui nous étaient sympathiques deviennent chiants, d'autres qu'on trouvaient bizarres nous font maintenant soupirer... Un super livre!

Un vrai coup ce livre! Nadine Bismuth fait de la fausse autofiction, comme elle dit. Elle s'inspire de vrais contextes, mais les histoires ne sont pas les siennes ni celles de ses proches. Alors même si le livre est au je
(Annie Brière), on ne sent pas qu'elle est en train de nous débiter sa vie et de faire de ce livre sa thérapie. Le livre est drôle à souhaits, bien écrit, intéressant, avec quelques bons "punchs", et ce, jusqu'à la fin. Le livre nous touche toutes par moments, on se retrouve dans l'un ou l'autre des personnages féminin. Ça faisait quelques livres écrits par des jeunes hommes (Stéphane Dompierre, Matthieu Simard, Stéphane Bourguignon) que je lisais et je trouvais qu'ils commençaient à radoter. Ici, c'est un peu l'envers de la médaille, le même univers mais vu par une jeune fille. Vivement son prochain livre!

Je sais bien qu'il y a des auteurs à profusion, et ce, pour plaire à nos goûts tous différents, mais je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec Nelly Arcan. On a affaire ici à une jeune auteure qui nous offre un livre sans controverse, mais tout de même intéressant; un livre bien écrit, écrit par une jeune femme qui ne cherche pas à faire planer un mystère ni à se bâtir une personnalité pour faire parler d'elle ou vendre des livres. J'admire!

Vous vous douterez bien que je le note : 5/5
 

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Salut Galarneau!

GODBOUT, Jacques (1967) Salut Galarneau ! 155 pages.

Notre protagoniste principal, François Galarneau, est le roi du hot dog! Il tient une cantine roulante, mais rêve de littérature! Sa vie est un vrai désordre : père alcolo décédé en mer, mère "pas toute là", frère volage qui lui pique sa copine, copine pas trop intéressée, etc.

On n'a pas affaire ici à une grosse histoire avec plein de rebondissements, mais plutôt à un genre de monologue intérieur (intercoupé par des rencontres avec plein d'autres personnages) où on apprend à mieux connaître François, ses aspirations, ses rêves, ses peurs, etc.

J'aime beaucoup Jacques Godbout. Il a le don de nous raconter des histoires et de monter des personnages. Je pense que c'est ce qui ressort le plus de tous ses livres : ses personnages. On m'a demandé si le style d'écriture était plutôt le style de Godbout ou le style de Galarneau? J'aurais tendance à dire le style de Godbout... Ça fait quelques livres de lui que je lis et j'en sors toujours avec plus ou moins la même impression. Définitivement un de mes auteurs québécois préférés!

Ma note : 4/5

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09 novembre 2004

Orgueil et préjugés

AUSTEN, Jane (1813) Orgueil et préjugés. 369 pages.

Dans ce livre, on passe environ une année en compagnie de la famille Bennett (5 filles et leurs parents) et de leurs nombreux visiteurs, amis, voisins. Le thème central de cette année est les possibilités de mariage des filles aînées, Jane et Elizabeth.

Je ne peux pas ajouter grand-chose qui n'a jamais été dit à ma critique. Tout ce que je peux ajouter, c'est une comparaison : j'ai lu l'an dernier Tess d'Urbervilles de Thomas Hardy et j'avais détesté... La parodie de l'époque était à mon avis très mal faite, l'humour tombait à plat, les femmes étaient toutes sottes, etc. Ici, nous retrouvons encore une époque (à peu près la même que celle d'Hardy) peinte sous le sceau de l'ironie, mais ça flotte! Austen sait diviser le tout : des gens un peu sots et extrêmes, d'autres plus intelligents, tout ça en nous faisant un super portrait des moeurs de l'époque. J'ai été vraiment enchantée et j'ai bien ri à ("Ma parole, Jane sera bientôt une vieille fille, elle qui a presque vingt-trois ans!"). J'ai même dû finir le livre assez tard une nuit tellement l'histoire me prenait.

Ceci étant dit, même si j'ai adoré, je ne pense pas renouveller l'expérience Austen, car j'ai comme l'impression que tous ses livres doivent se ressembler...

Ma note : 4.5/5

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